Transformez votre scie sous table en scie à format

Les premières opérations d’une réalisation de menuiserie se font sur des pièces de bois massif qui n’ont aucune régularité. Du coup il est difficile de les réaliser en toute sécurité, sauf si vous possédez une scie à format. Avec une simple scie sous table comme la mienne, il faut apprendre à développer des montages d’usinage si ont veut avoir de bons résultats. Je vais vous expliquer comment transformer votre scie circulaire sous table en scie à format.

Les limites de la scie actuelle :

Les premières coupes sont les plus dangereuses. Ici, je n’ai aucune surface de référence. Avant lorsque j’avais une scie à format, le chariot passait au ras de la lame et non à 15cm comme ici. Je pouvais donc mettre des presseurs au ras de la lame pour maintenir le plateau. Dans mon cas, si je veux couper je ne peux pas mettre de presseurs, car ils vont s’appuyer sur une table qui est fixe et le chariot ne va plus coulisser.  

Erreur de jeunesse : Il y a 15 ans, lorsque j’avais la même machine, je me mettais dans l’axe, puis je poussais et coupais. Forcément, je coupais et avançais de travers. Je manquais de précision et de sécurité. Au regard de l’état de l’insert en aluminium qui est bien usé, cette machine a été utilisée de cette manière.  

L’idée est de transformer cette scie sous table en une petite scie à format à l’aide d’un gabarit. Il va être précis et vous indiquer exactement où vous travaillez en toute sécurité. 

Ce dont vous avez besoin : 

Un support 

La première chose dont vous avez besoin est d’un support. On a toujours besoin de support dès que le bois n’est pas stable. J’utilise un contre-plaqué de 18mm d’épaisseur. 

  • Pour la longueur : Il faut prendre en compte l’espace dans l’atelier, la place avant et après la lame. À vous de vous adapter. 
  • Pour la largeur : Cela va dépendre également de votre cas de figure. Dans mon cas, j’ai un embryon de chariot, qui me permet d’avoir un support. J’ai pris une largeur qui part de la lame et qui vient prendre appui sur le chariot soit 38cm.

Si vous avez plus de place et plus de largeur avec une grande table et une lame au centre, vous prenez toute la place soit d’un côté soit de l’autre. Si, au contraire, vous n’avez que peu d’espace, regardez comment vous allez pouvoir mettre une servante et quelle largeur de bois vous allez pouvoir utiliser. 

      Un tasseau de bois dur : 

Il va me permettre de faire le guidage dans la rainure qui est prévu dans la table de scie. 

Au passage si vous avez une petite scie à format, vous pouvez faire la même chose en faisant cette baguette qui va venir coulisser dans la rainure du chariot. 

    Serre-joints spéciaux ou rail en aluminium :

Au vu des difficultés actuelles pour trouver des rails d’aluminium et du prix de ce matériau qui a flambé, je me suis tourné vers une autre solution, des serre-joints de la marque Microjig. Ils ont la particularité de coulisser dans des queues d’aronde.  

C’est une solution que je voulais tester. Ils sont relativement polyvalents et ils nous affranchissent du rail en aluminium. Vous pouvez retrouvez ces serres-joints sur le site de Bordet.

     Les fraises :

Pour faire les rainures pour les serre-joints, il faudra une fraise à queues d’aronde avec un angle de 14 degrés, et de diamètre 12,7 mm. Cela fonctionne sans forcément acheter la fraise de queue d’aronde qui va avec les serre-joints. 

Il faudra également une fraise droite qui va me permettre de faire une rainure pour bien fixer ma petite baguette de bois. 

Fabrication du gabarit : 

Je coupe avec la scie mon tasseau de bois pour faire une baguette. 

Je règle le guide parallèle à une distance légèrement supérieure à celle entre la lame et la rainure. De cette manière lors de la première coupe, je vais recouper mon chariot et il sera ainsi parfaitement ras de lame. 

Pour la profondeur de plongée, trois petits millimètres seront suffisants afin de guider la baguette bien droite dans sa rainure. Je peux maintenant usiner. 

Je peaufine la rainure en la ponçant légèrement afin d’enlever les éclats. Je vérifie que la baguette s’insère bien dans la rainure. 

Je retourne mon bois de telle sorte à garder le même référentiel et que la rainure soit du même côté. Je vais maintenant faire une première rainure à queue d’aronde dans la longueur entre le bord et la rainure, que je viens de réaliser, face inférieure. Il est extrêmement important qu’elle soit faite le plus près possible du bord, mais elle ne doit pas venir buter dans la cape d’aspiration de la scie. Prenez les mesures sur votre machine. 

J’installe ma fraise à queue d’aronde. Pour le réglage de profondeur de la rainure à queue d’aronde, je ne peux que vous conseiller de faire des essais et de voir comment se positionne le serre-joint. Pas assez profond, le serre-joint va dépasser sur le dessus de la planche et vous n’aurez aucune force de serrage. 

En théorie, avec cette simple rainure, je peux pincer mon bois devant et derrière. Sauf si je me retrouve avec des bois un peu plus étroits ou tuilés. Cela devient intéressant si je viens mettre des rainures dans l’autre sens, perpendiculaire pour avoir plus de possibilités de fixation. Je vais donc travailler au T, avec cette même fraise et le même réglage de profondeur. 

Je vais faire une rainure tous les 25cm, globalement, pas besoin d’être extrêmement précis. 

Je mets un peu de colle à bois puis je viens insérer ma baguette dans la rainure. 

Le gabarit est fini, il n’y a plus qu’à l’adapter précisément à la distance entre la rainure et la lame. Je mets en route la scie et viens couper le surplus du gabarit. 

Cette fois-ci, mon gabarit est prêt et je vais pouvoir découper ma planche de bois massif avec précision et sécurité.

Résultat de la coupe : 

Ce montage usinage a tout ce qu’il faut : Il est précis, permet une coupe au ras de la lame, je sais où je coupe et l’on est en sécurité. Les mains sont loin de la lame. 

Retrouvez cette fabrication en vidéo :

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Il y a 70 ans mon père a sculpté ce jeu d’échecs. Il y a 45 ans, il plantait un arbre, plus exactement, un noyer. Il y a 3 ans, je ramenais dans mes bagages quelques planches tirées de ce noyer, parti trop tôt comme mon papa. Aujourd’hui, c’est le moment d’écrire la conclusion de cette histoire en fabriquant le plateau d’échec et de lui rendre hommage.

  • Bonjour Samuel , je vous suis déjà pas mal de temps et je trouve vos vidéos ainsi que votre travail super et je vous en remercie , pour la construction de votre atelier le projet est énorme , ma question j’aimerais savoir (si pas trop indiscret ) votre matériel de filmage de vos vidéos, je fais mes vidéos avec une GoPro et c’est pas le top sur tes vidéos je vois des zoom et ça m’intéresse . Vous n’êtes pas obligé de me dire votre matériel mais comment je dois choisir ça serai sympa ? merci pour votre retour et vous souhaite un bon dimanche

    • Bonjour Denis, merci pour ton commentaire ! Les images sont filmées à partir d’appareil photos Canon avec différents objectifs, le tout souvent en 4K.
      Nous utilisons aussi parfois des GoPro et un drone.
      Pour les zooms et les différents effets visuels, ils sont réalisés directement en post production lors du montage.

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