L’assemblage japonais du château d’Osaka

Cet assemblage japonais présent sur l’un des piliers du château d’Osaka se nomme “Osaka-jo-otemon-hikae-bashira-tsugite”… Il allie difficulté et esthétique. Il n’en fallait pas moins pour me motiver, me donner l’envie de relever ce défi et essayer quelque chose que je n’ai jamais fait…

C’est aussi l’occasion de sortir les outils à main et c’est un vrai plaisir. Nul besoin de vous dire que vos ciseaux à bois à bois et votre scie devront couper parfaitement, prenez votre temps et amusez-vous bien !

Choix et préparation des bois :

J’ai choisi comme essences du Camphrier et du Tamarin des Hauts. La préparation du bois sera les seules étapes mécaniques du projet, le reste se fera à la main. 

Je commence par dégauchir mes bois et les couper .

Une fois cela fait, je passe au rabotage des deux pièces et à leur mise en longueur. 

Explication de l’assemblage :

L’objectif est de faire un assemblage qui aura une montagne et une queue d’aronde.  Au premier regard, il semble impossible à réaliser. En effet, il y a deux montagnes qui empêchent le déplacement selon le sens habituel de coulissement de la queue d’aronde. L’assemblage final ne se fera donc pas selon un plan horizontal, mais selon un plan parallèle à l’une des faces de la montagne. Donc à 45° dans mon cas !

Tracé de la partie mâle :

1ère étape :

  • Tracez la ligne d’épaulement à une distance de l’extrémité égale à la moitié de la section du bois utilisé.
  • Repérez le sommet de chaque montagne.

2ème étape :

Tracez les montagnes.

3ème étape :

Tracez les queues d’aronde. Les dimensions indiquées sont à titre indicatif et peuvent être adaptées en fonction de l’esthétique recherchée.

4ème étape :

  • Tracez les queues d’aronde sur l’extrémité de la pièce. L’angle à reporter est identique à celui utilisé sur le chant (Attention ceci n’est valable que dans le cas où la pente des montagnes est un angle de 45°.)
  • L’une des queues d’aronde va en rétrécissant tandis que l’autre va en s’élargissant, mais toujours selon le même angle.

Le tracé de la partie mâle est fini. Cette partie je vais la découper en second, car elle sera plus facile à ajuster sur le tracé de la partie femelle. 

Tracé de la partie femelle :

1ère étape :

  • Tracer les lignes d’épaulement
  • Tracer les montagnes

2ème étape :

Sur les chants, tracez les queues d’aronde en reprenant les mêmes dimensions que celle de la troisième étape (partie mâle).

Attention à orienter les queues d’aronde dans le bon sens

Je vais tracer à l’intérieur les queues d’arondes une fois la découpe de l’entaille en forme de V faite. 

Découpage de la partie femelle :

Le tracé fini, je commence à découper à la scie à queue d’aronde les zones hachurées en jaune de la partie femelle. Je peaufine la coupe avec un ciseau à bois. 

J’ai retiré la grosse entaille en v qui correspondra à la montagne. Je vais maintenant pouvoir tracer la fin des queues d’arondes. 

  • Sur l’un des côtés, descendez le tracé de la queue d’aronde perpendiculairement à l’arête.
  • Sur l’autre côté, elle va aller en s’écartant. C’est dû au fait que l’assemblage va se faire selon un plan à 45 degrés. 

Je vais commencer par couper la queue d’aronde qui va en s’élargissant, car quand je vais couper l’autre qui descend tout droit, je vais avoir la place pour passer la scie. La première découpe sera embêtante, car la scie va venir buter en face, mais c’est impossible à éviter.

Une fois la première finie, je découpe la seconde plus facilement. 

On termine les détails au ciseau à bois : 

Découpe de la partie mâle :

Je commence par enlever à la scie les zones que j’avais hachurées précédemment en jaune. Puis je travaille les détails avec le ciseau. 

Premier assemblage à blanc et réajustement :

Lors du premier assemblage, je remarque que l’emboitement n’est pas parfait et que des ajustements doivent être faits. 

Assemblage final :

Une petite histoire sur l’assemblage :

C’est un assemblage qu’on a pu observer et étudier sur le château d’Osaka. Ce sont des assemblages japonais qui sont faits pour lier deux pièces de bois verticales donc pour travailler en compression et pour autant, il n’y aura pas de décalage qui va se créer. Au départ, nous ne savions pas trop comment il était fait. C’est en 1983 qu’il a été passé aux rayons X et qu’on a un petit peu vu l’intérieur de l’assemblage. 

Wood joints in classical japanese architecture, Torashichi Sumiyoshi and Gengo Matsui, 1989.

Retrouvez les détails de cet assemblage et sa fabrication ici :

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