Ma technique pour scier droit !

On me pose régulièrement la question sur les manières de scier et surtout comment scier droit. Je vais vous présenter une astuce pour scier le plus précisément possible. Elle reste celle d’une personne qui n’est pas passée par un CAP de menuiserie, cependant comme vous allez le voir, elle donne de bons résultats !

Une scie ne peut pas être totalement polyvalente et couper aussi bien pour différents types de coupes. C’est-à-dire, si je veux tronçonner, je vais avoir un type de scie qui est fait pour, avec des dents qui sont affutées en mettant la lime – tire point affutage – de travers, ce qui fait qu’on a de petits araseurs. Comme on peut le voir sur la photo : les dents sont pointues, en triangle avec un tranchant de chaque côté. On remarque surtout une pointe tranchante et non une arrête tranchante, qu’on peut retrouver sur les scies qui serviront à refendre dans la longueur. 

Petit quizz du jour : Pourquoi sur les établis pour un droitier les presses sont-elles placées à gauche ? (La réponse à la fin de l’article).

Scier droit en tronçonnant :

Je vais utiliser ici une scie égoïne que j’ai restauré et affûté pour tronçonner. Vous pouvez retrouver la vidéo sur son affûtage ici :

On commence par tracer notre trait avec une équerre juste, sinon vous aurez un décalage à la fin. Un point important à vérifier : Le dernier trait doit rejoindre parfaitement le premier. S’il y a un décalage, cela ne fonctionne pas. 

Je viens bloquer la pièce dans la presse avant. Si elle est assez longue, c’est la partie que je souhaite garder qui sera prise dans ce dernier.

Lorsqu’on tronçonne, on a toutes les fibres du bois qui sont à l’horizontales. On a moins cette notion de fibres longues et courtes qui vont venir supporter la coupe et éviter que la scie vibre. 

Pour la coupe, cela va dépendre de vos habitudes. Personnellement, j’aime venir plaquer la scie contre l’ongle de mon pouce. Il va servir de butée. Mon regard, dans l’axe, va vérifier à gauche le trait. J’ai une butée physique et visuelle.

Pour la position des pieds : J’aime bien avoir le pied gauche en avant et le pied droit en retrait.  

Il n’y a pas besoin de mettre de pression sinon la lame va plier et vous ne pourrez pas bien la guider. On y va en souplesse. Je commence à faire une encoche, lame penchée vers l’avant. Une fois l’encoche guide faite, je vais venir pencher petit à petit la scie de mon côté. Je vais commencer à descendre. Un avantage à cette disposition, c’est qu’en étant l’axe, je peux voir le trait du dessus, mais aussi celui de mon côté.

Après avoir fait une encoche sur tout le dessus. Je retourne le bois. J’ai déjà une encoche de faite, elle va permettre de guider la scie à la verticale. Je viens scier comme précédemment d’abord penché en avant puis vers moi. Une fois cela fait, je retourne de nouveau le bois. Ma scie est guidée par les différentes encoches déjà faites et je peux tronçonner entièrement. 

Résultat : 

On a une extrémité qui n’est pas parfaite. On est sur une scie égoïne, et pas sur un travail de finition avec une scie à tenon ou à araser. Pour une extrémité d’un assemblage, par exemple tenon, on a une surface qui est totalement convenable et qui ne va pas forcément mériter un coup de rabot supplémentaire.

Comment obtenir une meilleure coupe ? 

Qu’est-ce qui se passe maintenant si l’on veut obtenir une coupe plus fine, plus précise et une meilleure aide pour savoir à quel niveau on doit placer notre pouce, ou encore si l’on veut éviter les microéclats que l’ont peut avoir. Dans notre cas, ils sont assez limités, car j’ai utilisé une scie avec une denture fine.

Si l’on recherche cette précision, on va utiliser un tranchet, couteau ou cutter. Un instrument qui va permettre de couper les fibres superficielles du bois et celle-ci ne vont pas se faire arracher. 

Même étape que précédemment, on commence par un tracer qui va faire le tour. On se serre du tranchet pour venir guider notre équerre après le premier trait fait (cf. photo à gauche).

Je serre la partie tombante. Puis même chose qu’avant, le pouce en butée et on regarde la ligne en étant dans l’axe. 

Petite astuce pour faciliter la précision : On peut prendre un ciseau à bois et venir très légèrement faire une encoche. Selon votre habileté et la grosseur des dents, vous pouvez renforcer l’encoche et la faire plus profonde. 

Une fois que vous avez une belle marque. Vous avez votre point de départ. Lorsque je pose ma lame, elle est calée le long du trait. Cela vous donne votre axe et vous permet de venir placer correctement votre ongle. Vous vous mettez en position, le regard aligné avec le trait. On va pouvoir refaire la même chose que tout à l’heure en tournant le bois.

Comme précédemment, je finis en descendant de mon côté. 

Résultat : 

On a une ligne beaucoup plus nette que la coupe d’avant. Grâce à la ligne de tranchet, on a protégé les éclats, en sortie, tout le long.

Petite information complémentaire : Lorsqu’on débute avec les outils à mains, on a tendance à vouloir trop les guider en force, à être crispé sur la lame, à la pousser quoiqu’il arrive en tordant pour essayer de redresser. Ce qui est crucial, c’est de bien commencer puis de bien relâcher. On ne met pas de force, on n’appuie pas. On commence droit et on laisse l’outil être guidé par les premiers traits que l’on a faits. C’est cette première ligne sur chaque face qui est importante, car elle permet naturellement de guider la scie qui ira là où c’est plus facile, là où il y a moins de bois. 

Par contre, ce que je vous dis est vrai avec une bonne lame. Je possède une scie qui n’a par exemple jamais coupé droit… 

Scier droit quand on refend et déligne :

On a vu comment tronçonner. Maintenant je vais vous montrer comment refendre, déligner et travailler dans l’épaisseur. Typiquement ce qu’on n’a pas envie de faire avec une scie égoïne, recouper en deux dans l’épaisseur cette planche. 

Première étape, on va tracer sur chaque côté avec une équerre. Dans cette méthode, on va également travailler par retournement. Je vais chercher à avoir toujours en vue ma ligne de trait. Par contre, je vais attaquer un peu plus verticale. Si j’attaque avec cet angle (représenté par ma main), je vais couper les fibres du bout en premier et je vais couper des fibres qui n’auront pas d’appuis derrière. Je vais créer de l’arrachement. Si je commence à couper dans le sens de la flèche, je vais couper des fibres à l’extrémité qui sont maintenues par des fibres plus longues et de proche en proche je vais descendre. 

On a l’habitude de couper à l’avant (cf. photo gauche), c’est plus facile, car on envoie moins de sciure sur le trait de coupe, elle va tomber sur le sol. Je vais avoir plus de difficulté à guider ma lame, car elle va avoir tendance à rebondir du fait d’être à contre-fil, alors que si je coupe en haut (cf. photo droite), la sciure va dégringoler sur le trait de coupe et gêner la visibilité.

Faites vos essais et prenez la méthode qui vous va le plus. Certaines personnes comme Paul Sellers vont débuter devant et remonter petit à petit en arrière, comme ce qu’on a fait avec le tronçonnage. Personnellement, je suis moins à l’aise car j’ai une scie qui va avoir tendance à sauter. Je vais préférer utiliser la deuxième option, et commencer en haut. 

Je vais commencer en visuel ici, couper sur des fibres longues et aller jusqu’au bout. Ensuite, je vais travailler par retournement. Ce sont des coupes qui sont très difficiles à commencer, car la scie saute. Je vous conseille de ne pas appuyer et d’alléger le poids de la scie au départ pour les premiers mm.

Je commence avec un certain angle pour démarrer l’encoche. Je descends très peu vers moi, car je vais aller chercher en face et faire un début de coupe. Une fois que j’aurais ma ligne de coupée, je pourrais venir descendre petit à petit de mon côté.  

J’ai mon premier guide de fait.  Ma scie est mise en place, j’ai coupé sur le trait. C’était le plus difficile.

Maintenant, je vais incliner un peu plus ma planche. Je vais scier, guidé par le trait que je viens de réaliser. On commence en restant le plus possible guider par le trait puis je descends petit à petit vers moi. Une fois bien descendu, je retourne et je refais la même chose.

Si votre lame oscille, c’est souvent que vous continuez à trop appuyer au moment où vous revenez. Il faut relâcher.

On effectue plusieurs fois le retournement pour descendre par étape. Je ne scinderais pas entièrement la planche en deux, seulement la moitié. Je la coupe en deux afin de voir le résultat. 

Résultat :

Pour l’état de surface, c’est très loin d’être parfait. Il est possible avec quelques coups de rabot d’obtenir une surface propre.

C’est le genre de coupe que je ne vais pas faire tous les jours en ayant une scie à ruban ou circulaire à disposition. Cependant, c’est une coupe qui est délicate à faire avec de l’électroportatif. Il faut de bonnes astuces. Cela peut donc valoir le coup de s’entrainer à scier aux outils à main.

Astuces complémentaires : 

Il est extrêmement important de retourner souvent votre planche. Ça semble embêtant et une perte de temps, mais c’est important de le faire, car cela permet d’avoir un visuel de l’autre côté et de vous arrêter avant de faire une bêtise et de sortir du trait. 

C’est également essentiel d’être à l’écoute de la force que vous devez mettre. Si ça commence à forcer, si la lame commence à chauffer de manière excessive, c’est que surement elle se tord, vous devriez vous arrêter et allez voir ce qu’il se passe. Ça peut aussi être dû à un bois de mauvaise qualité qui vous envoie de travers, à une lame qui est mal avoyée ou affutée. Il y a de multiples pistes à aller vérifier. 

Une des grosses raisons lorsque cela part de travers, c’est que l’on n’est pas assez entrainé et moi le premier.

Réponse au quizz : Pourquoi sur les établis pour un droitier les presses sont-elles placées à gauche ? 

La réponse est toute simple : avec ce positionnement, la main gauche peut tenir facilement le bois qui va tomber.

Retrouvez en détails les mouvements en vidéo :

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